Étude : Les webmestres prêts à utiliser le SEO Négatif pour gagner

Si un consultant SEO vous propose d’attaquer les sites de vos concurrents via des actions de SEO négatif, ni vu ni connu, afin de les faire descendre dans les résultats de recherche… est-ce que vous hésiteriez longtemps avant d’accepter ?

Et bien, selon un test réalisé par l’agence britannique Reboot, il semble que la majorité des webmestres n’éprouverait aucune gêne à utiliser le SEO négatif pour planter leurs concurrents en ligne, même si ces derniers sont au courant des effets dévastateurs encourus par ces techniques.

Dans le cadre de son étude, Reboot s’est fait passer pour un consultant spécialisé en SEO négatif, soit expert dans l’art de caler le positionnement d’un site via des techniques réprimandées de Google.

L’agence a approché 89 sites par courriel, lesquels ont été sélectionnés selon la force SEO de leur site. En choisissant des sites déjà bien optimisés, l’objectif était d’assurer de seulement joindre des gestionnaires qui connaissent déjà le SEO à un certain niveau, et pouvant êtes alléchés par la possibilité d’un positionnement amélioré sur Google.

Voici le courriel en question qui fût envoyé par l’agence se faisant passer pour un expert en SEO négatif (n’hésitez pas à cliquer pour agrandir l’image) :

email seo negatif

L’approche proposée dans le courriel est fort simple. Le consultant, James Hayden, qui est un employé de Reboot, offre de faire du SEO négatif sur les sites des concurrents. Ceux-ci sont même spécifiés dans le message.

Si le gestionnaire lisant ce courriel accepte, la stratégie de SEO négatif sera réalisée sur deux volets :

  1. La génération de milliers de liens de très basse qualité, en provenance de sites louches et douteux.
  2. Une méthode éprouvée pour dupliquer du contenu et ensuite le distribuer aux 4 coins du web.

Question de favoriser la conversion du lecteur en client, le courriel mentionne également que le service est garanti, sinon argent remis. Le tarif total est de £250 pour débuter, et £150 pour tout autre site additionnel.

Êtes-vous curieux de connaître les résultats ?

Un constat inquiétant

Premièrement, j’en conviens qu’il ne s’agit pas d’une démarche prouvée scientifiquement. L’échantillon est faible, et les résultats pourraient varier lors de la reprise du même test à une plus grande échelle.

Cependant, je crois qu’il s’agit d’un échantillon suffisant pour adéquatement représenter la mentalité d’une bonne partie des webmestres opérant dans des sphères compétitives du web, qui sont prêts à tout pour gagner.

Voici les résultats de l’approche :

email seo negatif 2

Sur les 84 entreprises approchées, un total de 61 a donné suite au courriel, soit un impressionnant taux de réponse de 72%.

Les données en détail, sur les 61 répondants :

  • 2 ont envoyé promener le faux consultant
  • 11 ont refusé l’offre poliment
  • 19 ont démontré de l’intérêt pour le service, et ont sollicité plus d’informations sur les tarifs et/ou la garantie offerte.
  • Et le pire… 29 ont accepté l’offre sans aucune négociation et ont demandé directement comment faire le premier versement.

Ainsi, si on combine les intéressés aux pressés (19 + 29), nous avons un total de 48 répondants sur 61, soit 79%, qui sont prêts à considérer le SEO négatif pour gagner la course au meilleur positionnement sur Google.

Un constat qui fait froid dans le dos, et qui soulève de nombreuses questions pour la suite.

Surveillez vos sites Internet… et vos concurrents !

Ce test n’est qu’un autre exemple qui démontre la facilité avec laquelle il est possible d’utiliser le SEO négatif pour tenter de nuire intentionnellement à un concurrent.

Google sera rapide à répondre que le SEO négatif n’existe pas, et qu’il est impossible de couler un site concurrent. Mais alors pourquoi le moteur de recherche met autant d’emphase à prévenir les webmestres des dangers des liens de mauvaise qualité ? Est-ce que Google saura faire la différence entre des liens que j’aurais moi-même acquis par inexpérience, ou d’autres mentions générées par les basses tactiques d’un spécialiste embauché par un concurrent ?

Dans tous les cas, il devient de plus en plus important de réfléchir aux tactiques qui permettent de se protéger, et au minimum, de prévenir toute attaque de SEO négatif. Le prochain article sur ce blogue présentera d’ailleurs les meilleures pratiques à ce sujet.

D’ici là, soyez vigilant et gardez vos concurrents à l’oeil ;-)

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2 Comments

  1. Il faut dire que le prix non plus n’est pas trop un frein pour cela. 250 livres pour gagner jusqu’à 20% de clics, ça le fait. Le côté éthique n’existe que si les mecs peuvent être pointés du doigt. S’ils ne risquent rien, pas de raison d’hésiter, même si c’est très lâche.

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  2. Tout à fait d’accord avec ce résumé. Cela fait longtemps que nous insistons auprès de nos client afin de confirmer que ça existe bel et bien alors que Google tente d’annoncer l’inverse.

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