La BBC pénalisée par Google : La preuve que le SEO négatif existe ?

Décidément, Google semble avoir lancé la hache de guerre en direction des médias britanniques.

Après l’affaire Interflora où cette dernière s’est fait prendre en flagrant délit d’acheter des publireportages dans des journaux anglais, voilà qu’une deuxième histoire de punition en ligne impliquant Google et une entreprise britannique de forte taille est portée au grand jour.

Cette fois-ci, il s’agit de la BBC, l’un des médias les plus respectés et puissants au monde, qui se retrouve au centre de la controverse.  Encore une fois, l’histoire nage en plein mystère, alors qu’il est difficile de connaître les causes exactes derrière le geste de Google.

Comme nous l’avions fait pour Interfora, cet article jettera la lumière sur ce dossier nébuleux, et les apprentissages à en retirer.

Une épingle dans une botte de foin

Tout commence il y a quelques jours, alors qu’un responsable du marketing Web du site de la BBC s’est adressé aux forums Google en rapportant avoir reçu l’alerte suivante :

Comme on peut le lire, ce responsable du site de la BBC mentionne avoir reçu une alerte de Google pour des liens entrants de nature suspecte. Le problème, avec un site aussi immense que BBC.co.uk, est qu’il est difficile de savoir exactement quel article.

Rapidement, (et la preuve que ces forums sont surveillés par Google!), un employé du moteur de recherche sous l’alias John Mu répond avec le commentaire suivant :

La réponse de l’employé de Google est à la fois simpliste et imprécise : l’alerte provient du fait que des liens entrants douteux pointent vers un article (!) sur le site de la BBC.  Ce dernier mentionne qu’une action a déjà été « effectuée », et que la crédibilité globale du site comme tel n’a pas été affectée. Le responsable peut donc dormir sur ses deux oreilles.

Donc, on parle ici d’un article, parmi les 13,000,000 de pages indexées de BBC.co.uk par Google, qui reçoit des liens entrants douteux, et Google envoi une alerte en espérant que la BBC pourra savoir quel article, et ensuite quels liens entrants (parmi 163 millions de liens entrants!) demander à être supprimés. Bref, pas une mince tâche, si cela est même possible ;-)

Je pourrais continuer cet article en dénonçant la stupidité de cette histoire, cependant nous avons tous mieux à faire. Dans une optique constructive, regardons ensemble quelles peuvent être les causes de cette alerte, car comme dans chaque cas de punition de Google, c’est souvent dans les détails d’arrière-scène que nous pouvons en tirer le meilleur apprentissage.

Les deux raisons potentielles de l’alerte

À mon avis, si on garde en tête qu’une page de BBC.co.uk a été pénalisée à cause de liens entrants pointant vers l’article en question, uniquement deux raisons potentielles peuvent expliquer cette situation :

1. L’article pénalisé mentionnait à travers son contenu un ou des sites web externes, par exemple des liens de référence. Le propriétaire d’un de ces sites externes, désirant maximiser l’impact du lien entrant provenant de l’article en question sur le site de la BBC, acquiert et dirige des liens entrants de basse qualité vers la page de BBC.co.uk.  Cette technique, bien connue du milieu, permet ainsi d’augmenter la puissance de la page, qui en retour en retransmet aux liens externes mentionnés dans un article.

2. Un concurrent de la BBC, ou encore possiblement un compétiteur de n’importe quelle compagnie mentionnée dans cet article, tente de nuire intentionnellement en dirigeant des liens de basse qualité vers l’article de la BBC. Par la suite, le même filou soumet un rapport de spam directement à Google, indiquant que la BBC utilise des tactiques illicites pour promouvoir ses articles, ce qui aurait pu déclencher l’alerte automatique de Google.

Le spécialiste SEO avertit pourrait penser qu’une troisième raison potentielle existe, soit que la BBC achète consciemment des liens sur des sites externes. Cependant rappelons qu’on parle ici d’un seul article pénalisé, ce qui contraste avec le dossier Interflora. De plus, la nonchalance de la réponse du technicien de Google indique qu’il semble s’agir d’une banalité.

La preuve que le SEO négatif existe

Alors dans les deux cas restants, on note un dénominateur commun, soit le SEO négatif. Que des liens entrants douteux, qu’ils soient volontairement ou involontairement dirigés vers une page, peuvent provoquer une alerte de Google prouve que le SEO négatif n’est pas seulement une réalité, mais peut être extrêmement dommageable.

Car si des liens entrants négatifs peuvent réussir à faire tomber une page d’un des sites internet les plus fréquentés au monde, quelle chance avons-nous, gestionnaire de sites web de simple et moyenne envergure ?

L’autre point qui m’embête est le fait que nous ne connaitrons probablement jamais le fondement de cette histoire, du moins si Google continue de se montrer avare en commentaires.

Ce que nous savons, par contre, c’est que Google, avec ses deux cas très high-profile d’entreprises se faisant punir pour des histoires de liens entrants, continue de faire régner la peur et la confusion au sein de l’industrie SEO.

Et ce, pour Google, est un objectif important qui a été accompli par l’entremise de cette histoire.

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