Mauvais goût 2.0 : une publicité de Vodka qui encourage la violence faite aux femmes

Lorsqu’on parle de marketing viral, et conséquemment de publicité sur Internet, la ligne est souvent mince entre un message humoristique de bon goût, et un contenu jugé déplacé car on a voulu forcer la note. Cette glace très mince, qui décide si une publicité sera partagée à travers les communautés ou si elle sombrera dans l’obscurité, entraîne les équipes marketing et publicitaires à prendre des risques en employant un contenu choc, en quête de gloire et d’attention au risque d’endommager l’image de la compagnie. Hélas, si les communautés 2.0 représentent le terrain de jeu parfait pour engager sa clientèle à travers des initiatives publicitaires basées sur la participation, le moindre faux pas sera quant à lui rapidement dénoncé et enflammera les critiques négatives. Il y a moins de 72 heures, la compagnie Belvedere, reconnue pour sa célèbre Vodka, a publié une publicité sur ses fils Twitter et Facebook démontrant une femme terrifiée empoignée par un homme qui y éprouve un malin plaisir à utiliser sa force pour arriver à ses fins. Le message, à forte connotation sexuelle, semble indiquer que si la vodka descend bien, ce n’est rien en comparaison à ce que cette femme vivra prochainement, vraisemblement d’être forcée à participer à un acte sexuel, ce que la plupart d’entre nous appelle un viol. D’ailleurs, la publicité est tellement offensante qu’on arrive à peine à comprendre le message que la compagnie a voulu passer. Est-ce que l’on désire banaliser la violence faite aux femmes, et le fait que l’alcool joue souvent un triste rôle dans ce genre de tristes histoires? Qui dans l’équipe marketing, a jugé que ce message serait amusant et méritait d’être affiché devant des millions de personnes? Une communauté entachée à jamais ? Le pire dans tout cela, c’est que Belvedere jouissait d’une très belle image auprès de sa clientèle sous les communautés, comme le témoigne son nombre d’adeptes sous Facebook (916,970 fans) et d’abonnés à son profil Twitter (10,263). La compagnie a bien sûr réagie rapidement, en retirant la publicité dans l’heure suivant sa diffusion sous les deux canaux 2.0 officiels, soit Facebook et Twitter. Évidemment le mal est fait, et les répercussions n’ont pas tardé à se faire sentir, avec plusieurs milliers de messages de stupéfaction et de colère provenant des utilisateurs Facebook et Twitter. Dans le summum du pire désastre 2.0 possible, des utilisateurs Twitter ont même créé un #hashtag invitant les membres à suggérer des nouveaux slogans à la compagnie, en lien avec la publicité douteuse : Une première excuse passablement faible La compagnie, devant cette nouvelle qui a fait boule de neige sous les communautés, s’est dépêchée à émettre une première réaction d’excuse semblant plus ou moins sincère, qui fut loin de calmer le jeu auprès des utilisateurs : Lorsque la nouvelle est sortie des communautés et a atteint les médias de masse (CNN, Forbes, Fox et autres), le VP marketing de la compagnie a émis le communiqué suivant : « I am Jason Lundy, SVP of Global Marketing for Belvedere. Unfortunately a Facebook & Twitter posting was made today that has offended many of our fans and followers — and indeed the people who work here at Belvedere. The post is absolutely inconsistent with our values and beliefs and in addition to removing the offensive post we are committed to making sure that something like this doesn’t happen again.  As an expression of our deep disappointment and regret, we are making a charitable donation to a women’s support cause. We deeply apologize to our fans & followers. »  Un meilleur message d’excuse que le premier, avouons-le. Cependant, avec une idiotie pareille la compagnie s’en sort avec un méchant mal de bloc et une image de marque entâchée à jamais.    

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