Punition par Google du site de la banque Halifax : attention au guest blogging de basse qualité

Contrairement à l’année dernière, les premiers mois ont été tranquilles au niveau des punitions de Google visant des entreprises de large taille. Ceux qui ont suivi l’actualité SEO se souviendront qu’en 2013, les cas très médiatisés de BBC, Interflora et Mozilla avaient défrayé les manchettes, soulevant à tour de rôle de nombreuses questions sur les critères douteux utilisés par Google lorsque vient le temps d’assigner une punition à un site. Cela dit, il apparaît maintenant que les sites d’envergures pénalisés par Google sont maintenant beaucoup plus prudents dans leurs déclarations publiques, semblant prêts à accuser le coup en privé, et faire les corrections rapidement et discrètement afin de revenir rapidement dans les bonnes grâces de Google. Il y a eu le cas Expedia, alors que des hypothèses avancent que l’entreprise spécialisée dans le voyage aurait perdu 25% de son trafic, et encore plus récemment, la potentielle punition entourant la prestigieuse banque britannique Halifax. Le cas de Halifax est d’ailleurs fort intéressant. Même si on ne peut prouver avec certitude sans que Google ou l’entreprise même l’avoue, la chute de trafic du site web de l’établissement financier laisse croire qu’une intervention de Google a très probablement eu lieu. De plus, en poussant un peu plus loin notre analyse, on trouve très rapidement et facilement de nombreuses raisons qui pourraient expliquer une sanction de la part de Google. Aujourd’hui dans cet article, nous utiliserons l’exemple de la banque Halifax pour nous rappeler l’importance de bien dissimuler ses traces lorsqu’on bâtit des liens entrants.

Une dégringolade dans les résultats de recherche

La chaîne bancaire Halifax est sans contredit l’une des plus importantes d’Angleterre, comme le témoigne sa domination du marché d’hypothèques et de prêts financiers. Sa réputation est très solide, notamment par sa longévité, alors que l’entreprise existe depuis 1853. Malheureusement, il semble que les stratégies en ligne de l’entreprise datent de presque aussi longtemps, comme nous le verrons aujourd’hui. Tout a commencé grâce à l’œil averti du blogueur Martin McDonald, une sommité dans l’industrie. À l’aide de l’outil SearchMetrics, qui permet d’analyser si un site a perdu ou gagné de la visibilité durant une période de temps précise, il a remarqué que le site de la banque, soit Halifax.co.uk avait subi une perte anormale de son trafic au début du mois de février. halifax-1 Le tableau ici haut présente la visibilité organique du site Halifax.co.uk, soit la présence du site dans les résultats de recherche sous les principales requêtes de son marché en ligne. On note donc une perte de visibilité marquée au début du mois de février. Pour renchérir, le tableau suivant démontre la dégringolade du site sur ces principaux mots-clés : halifax-2 Le classement d’un site varie tous les jours, et il est donc normal qu’il y ait des fluctuations. Cependant, rarement un site va perdre autant de positions en même temps, en allant jusqu’à perde plus de 90 places dans certains cas.  À moins que le site ait été hors ligne ou piraté au même moment, une intervention manuelle de Google semble être la cause la plus probable de cette perte de visibilité. Et comme dans tous les cas de sanctions de Google, c’est au niveau de l’étude du profil de liens entrants qu’on découvre les véritables raisons pouvant expliquer le baiser de la mort de Google.

Un profil de liens entrants bien plus que suspect

Le sujet du guest blogging, soit la stratégie qui consiste à publier des articles sur un blogue externe, est un sujet chaud dans l’industrie actuellement. D’un côté nous avons Matt Cutts qui déconseille maintenant l’utilisation de cette tactique, et de l’autre, les spécialistes SEO qui pratique le guest blogging depuis des années pour développer la visibilité de leur site, et souvent par la même occasion, leur visibilité SEO. Si on revient au cas actuel de la banque d’Halifax, nous n’avons besoin que de quelques minutes d’analyse du profil de liens entrants pour remarquer plusieurs cas de guest blogging très imprudent. Premièrement, l’une des meilleures façons de déceler une anormalité dans un profil de liens entrants est d’analyser le rythme auquel le site en question acquiert ses liens. halifax-3 Ce n’est pas complètement impossible, mais on remarque une forte augmentation des liens vers la mi-décembre, indiquant donc que des stratégies ont possiblement été mises en places. Celles-ci semblent avoir été très productives, car le rythme d’acquisition de liens est très fluide, presque tous les jours. Comme je disais, cela est possible, cependant l’instinct du spécialiste SEO ne se trompe rarement ;-) En analysant de plus près les liens acquis durant cette période, on remarque rapidement que certains d’entre eux sont d’apparences plutôt louches. Premier exemple : halifax-4 En rouge, des liens qui mènent vers le site de la banque Halifax, avec des ancres de liens ultra-optimisées. Entre vous et moi,  quel blogueur écrirait un article de son plein gré avec des ancres aussi précises et optimisées, vers les pages équivalentes ? Deuxième exemple : halifax-5 Encore une fois, je serais prêt à mettre ma main au feu qu’il s’agit d’un autre article payé pour publication, soit exactement le type de tactique trop facile que Matt Cutts tente d’ajouter à la liste des choses à ne pas faire. Le pire est que j’ai eu l’embarras du choix pour les deux exemples ici haut, alors que j’ai trouvé pas moins de 25 emplacements douteux en seulement 15 minutes. Alors que je n’ai eu aucune difficulté à trouver ces liens compromettants en creusant un peu, imaginez ce que Google peut faire, soit avec des moyens automatiques ou encore son armée de testeurs pouvant vérifier manuellement n’importe quel profil de liens entrants.

Pour réussir votre guest blogging, évitez de faire mal paraître Google

Personnellement, malgré les nombreux avertissements et mises en gardes de Matt Cutts, je ne crois pas que le guest blogging est mort. Cependant, je suis d’avis qu’il faut procéder avec plus de prudence que jamais, et éviter le guest blogging de basse qualité. Par cette définition, j’entends les exemples cités dans cet article. Car que pensez-vous qu’il va arriver si un site d’importance utilise le guest blogging à profusion pour gagner la majorité de ses liens, et pour résultat acquiert des positions très avantageuses dans les résultats de recherche ? Cela fait mal paraître Google, et prouve d’une certaine façon que son algorithme est brisé, et facilement manipulable. Continuez à faire du guest blogging, mais choisissez vos cibles avec soin, et surtout, ne le faites pas pour manipuler l’algorithme, mais  pour améliorer votre SEO. La clé est de savoir la différence entre les deux.  

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