Agences SEO : L’importance d’être transparent avec vos clients

L’industrie SEO a connu son lot de nouvelles et d’histoires controversées ces dernières années, par exemple les cas J.C. Penney et Overstock.com, deux entreprises de forte taille ayant été prises en flagrant délit d’avoir tenté d’acheter des liens pour influencer leur positionnement naturel. La semaine dernière, ce fut au tour de l’agence très high-profile iAcquire  de se faire prendre en train de tenter d’acheter un lien, dénoncée par le blogueur approché pour placer le lien en question sur le site. Le lien devait pointer vers un client majeur de l’agence, lien qui devait être dissimulé pour le faire paraître naturel. On note plusieurs dénominateurs communs dans ces trois cas :
  1. Les trois entreprises, soit J.C. Penney, Overstock.com et iAcquire sont des entreprises très reconnues et comptant sur des communautés fortement établies.
  2. Les trois entreprises ont été bannies de l’index de Google, pour avoir tenté de tricher l’algorithme.
  3. Les trois cas impliquent une relation agence-client ayant fait preuve d’un manque de transparence, alors que les agences SEO de J.C Penney et Overtock.com ont organisées les stratégies sans avertir leurs clients, sans oublier bien sûr iAcquire qui également n’a pas révélé à ses clients les risques encourus.
Ce dernier point est surtout celui qui attire mon attention, car malheureusement le manque de transparence et d’éthique est un problème qui revient souvent dans notre industrie et qui contribue à lui donner une mauvaise image. L’objectif de cet article sera donc de voir comment nous, à titre de spécialistes SEO, pouvons dans un premier temps développer une meilleure communication avec nos clients, et assurer que si vous employez des tactiques risquées, que tous et chacun comprennent les dangers. Le cas iAcquire : l’art de se faire prendre la main dans le sac Revenons sur le cas iAcquire afin de bien préparer la table pour ce billet. iAcquire est une agence SEO fortement reconnue aux États-Unis, avec des clients d’envergure et une crédibilité démontrée à travers de nombreuses conférences.  L’entreprise est notamment reconnue pour son expertise en stratégies de liens entrants, appuyée entres autres par un outil très utilisé dans l’industrie, soit Link Diagnosis. La semaine dernière, le blogueur Josh Davis, a révélé sur son blogue avoir été approché par un consultant travaillant pour une agence SEO obscure, offrant à Mr. Davis 30$ pour un lien placé sur son blogue et pointant vers Dun & Bradstreet, une compagnie financière majeure américaine. Le consultant suggère même le paragraphe contenant le lien, et souligne l’importance de ne pas mentionner que le lien est payé, soit une violation claire des règles de Google. Le blogueur, intrigué par le fait qu’une agence que personne ne connaît ait réussi à obtenir un client de la sorte, découvre à travers une recherche que l’entreprise n’est en fait qu’une façade de l’agence iAcquire, soigneusement camouflée à travers un dédale de prête-noms et d’adresses postales bidon. Voici un schéma de la situation tracé par Mr. Davis: Josh a également découvert que l’agence n’en était pas à ses premiers pas en achat de liens, en découvrant une série de sites contenant le même lien proposé par le mystérieux consultant. Évidemment, cela n’a pas pris de temps pour que l’histoire s’envole, reprises par des sites de plus en plus majeurs, et finalement vienne aux oreilles de Google. Résultat, iAcquire est maintenant introuvable à partir de Google, soit le fameux baiser de la mort réservé aux sites ayant outrepassé les critères de Google : À qui la faute? Quand les compagnies J.C. Penney et Overstock.com ont été mises sur la sellette concernant leurs tactiques d’acquisitions de liens entrants, le réflexe immédiat fut de mettre la faute sur le dos de leur agence SEO respective, mentionnant qu’ils ignoraient que des stratégies contrevenant aux règles de Google étaient utilisées. On se souviendra que dans le cas de J.C. Penney, une porte-parole a même déclarée que les tactiques utilisées allaient à l’encontre de leurs politiques SEO, lesquelles n’ont pas été révélées aux journalistes car elles n’existent pas  pour ne pas partager d’informations pouvant servir aux concurrents. La compagnie de vêtements avait donc placé le blâme entier sur l’agence SEO du moment, soit SearchDex. Dans le cas de iAcquire, les rôles sont changés alors que l’agence SEO elle-même a été dénoncée. Cependant, lorsque contacté par le blogueur Josh Davis, la compagnie Dun & Bradstreet déclarait son entière surprise et même être « horrifiée » par la situation, en plaidant ne pas avoir été mis au courant par iAcquire des stratégies déployées. Les compagnies étaient-elles au courant ou non? Ont-elles décidées de blâmer le fournisseur pour éviter de subir les foudres de Google? Il sera malheureusement impossible de le prouver. Pour avoir eu travailler sur des campagnes de liens entrants pour des entreprises à fort budget, je sais très bien que d’aucune façon le client peut comprendre 100% de ce que nous appliquons, dû au fait que les stratégies et moteurs de recherche évoluent rapidement, mais aussi avec la complexité et instabilité de notre profession. Les agences SEO sont peut-être plus perdantes dans ces dossiers, car si les entreprises J.C. Penney et Overtstock.com ont repris leurs rangs organiques depuis (avec une jolie manne de liens entrants suite à l’attention médiatique), les agences SEO impliquées elle, auront reçu une publicité dont elles auraient bien aimées se passer. Les leçons à retenir Alors quelles sont les leçons à retenir de cette histoire? 1. L’agence SEO doit éduquer ses clients : À titre de spécialiste SEO, nous avons la responsabilité de non-seulement conseiller nos clients, mais également de les éduquer sur les pratiques, autant « white hat » que « black hat ». Le client se fie sur vous pour savoir quoi faire, et faire croître leur visibilité en ligne. Avec une meilleure transparence sur le travail que vous effectuez, vous aiderez votre client à comprendre les risques du métier, et aurez également plus de chances de le conserver près de vous. 2. Oui les liens achetés fonctionnent, mais soyez avertis : Si vous faites du SEO depuis plusieurs années vous savez tout comme moi que l’achat de liens entrants fonctionne, et pire encore, que la plupart des résultats organiques au sein d’industries concurrentielles sont infestées de sites qui spam à profusion pour atteindre la première position. Oui, vous pouvez acheter des liens, mais soyez avertis des risques que cela encoure. C’est un peu le même principe que de dépasser les limites de vitesse.  Il n’y a pas de problèmes jusqu’à ce que vous vous fassiez arrêter. Seulement, dans le cas où un site Internet supprimé de l’index sera fort plus coûteux qu’une simple contravention. J’ai déjà élaboré des stratégies de commandites de liens avec des clients agressifs, cependant ceux-ci ont toujours réalisés et acceptés les risques potentiels. Libre à vous de le faire pour vos propres mandats, mais seulement si vos clients vous donnent leur validation. 3. L’art de ne pas attirer l’attention : Demandez un lien acheté à un blogueur SEO n’était pas l’idée géniale du siècle, ce qui a porté au grand jour les pratiques douteuses de iAcquire. Pour ce qui est de Overstock.com, ces derniers ont attirés l’attention sur eux en organisant un concours de primes de références pour les communautés étudiantes, en ciblant l’obtention de liens sur des sites .EDU. Pour J.C. Penney, l’agence SEO a acheté des liens sur des sites de très basses qualités, en laissant derrière eux d’innombrables empreintes de leurs méfaits. De grâce, si vous achetez des liens, assurez-vous de demeurer « low profile », et ciblez la qualité au lieu de la quantité. Soyez créatif; pouvez-vous acheter un lien sur un site sans que personne puisse savoir qu’il s’agit d’un lien payant ou non? Des millions de liens entrants sont achetés à tous les mois sur Internet afin de gonfler le positionnement de sites web, et la grande majorité ne sont font jamais prendre, car ils font attentions de ne pas laisser de trace derrière eux. 4. Finalement, ne croyez pas tout ce que l’on raconte en ligne: Peut-être le fait plus cocasse dans l’histoire iAcquire, est que le très volubile Michael King, directeur marketing de cette agence, a publié quelques jours avant sur SEOMoz un billet  vantant les mérites du « white hat » SEO, et pourquoi les spécialistes SEO devaient maintenant sans tenir uniquement qu’aux tactiques légales. En voici un extrait savoureux : WATCH OUT FOR BLACK HATS! Black Hats are those whose tactics violate Google’s Webmaster Guidelines or Terms of Service. Typically these people are engaging in manipulative link activity and optimize their backlink profile heavily for a handful of unbranded anchors. Use Link Detective to see what types of link tactics your competitors are using bout don’t get your site penalized or banned! En voulant ainsi « éduquer le marché » et dicter les règles, tout en se faisant prendre une semaine plus tard à faire l’inverse de ce qu’il mentionne, on se rends compte que certains blogueurs SEO sont animés par l’égo, et ne respectent pas toujours leurs paroles. En résumé, éduquer vos clients, soyez prudents dans vos stratégies et assurez-vous que tous et chacun comprennent les risques, et vous aiderez à améliorer l’image de notre industrie.

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